Comment méditer en conscience : un Chemin vers le Sacré

Le soleil se lève sur des montagnes de brume, un vol d’oiseaux traverse le ciel

Pourquoi méditer ? La question paraît simple. Elle décide pourtant de tout ce que vous allez vivre au moment où vous fermerez les yeux. Car il n’existe pas une seule raison de méditer : il en existe deux, et ce sont deux chemins différents.

Deux grandes raisons de méditer

La première, c’est de trouver le calme mental. C’est l’objectif de la méditation de pleine conscience telle qu’elle s’est répandue en Occident : une approche volontairement laïque, qui a retiré à la méditation sa dimension sacrée pour en faire une démarche de bien-être ou de thérapie. Méditer, dans ce sens, c’est concentrer sa pensée au lieu de lui laisser libre cours : trouver une sérénité qui touche à la fois le corps, le cœur et l’esprit. Déjà, ce n’est pas rien.

La seconde est d’une autre nature : entrer en relation avec la dimension du Sacré. C’est méditer en conscience. Et voici ce que j’observe depuis des années : beaucoup de pratiquants de la pleine conscience, engagés dans une approche pourtant profane, finissent par ressentir un appel. Comme si, au-delà du calme mental, une conscience s’éveillait à une autre réalité d’être. La méditation prend alors une tout autre dimension.

Méditer n’est pas prier

Méditer, c’est se recueillir à l’intérieur de soi. Le mot est celui de la prière, et la comparaison éclaire : quelle est la différence entre méditer et prier ?

Dans la prière, nous posons une demande au Sacré, à Dieu, quel que soit le nom que nous lui donnons : nous demandons à recevoir. Or cette posture est une posture d’attente, de soumission, et j’ose le mot, de victimisation. Certains trouveront que j’exagère un peu. Regardez pourtant : nous souffrons de ce que nous vivons, et nous demandons au Sacré de nous en délivrer, comme un enfant attend tout de Dieu le Père.

La méditation ne demande rien. Elle se positionne. C’est une posture d’adulte, d’autonomie intérieure : entrer en contact avec le Sacré non pour recevoir, mais pour avancer sur son chemin, et accueillir ce qu’il nous fera vivre à cet instant, sans l’avoir exigé. Combien de personnes attendent que leur souffrance leur soit enlevée, sans s’engager comme responsables de leur propre vie ? Si cela fonctionnait ainsi, nous le saurions depuis longtemps. Le Sacré ne s’impose jamais : s’il le faisait, il n’y aurait plus de libre arbitre. Le nôtre, c’est précisément de faire le premier pas.

La méditation est une relation

Et le premier pas, c’est de créer un temps de rencontre. Pensez à une personne que vous appréciez et que vous avez envie de connaître : si vous ne prenez jamais le temps de l’inviter, de partager, d’échanger, il n’y a pas de relation. Toute relation, une amitié, plus encore un couple, a besoin de temps pour se construire.

Il en va de même avec le Sacré. Méditer, c’est être ensemble : s’accorder chaque jour un temps dédié, pour permettre au Sacré de prendre corps à l’intérieur de nous, et à notre personnalité de s’élever vers lui. La dimension spirituelle d’une vie se mesure peut-être à ceci : combien de temps accordez-vous au Sacré dans votre journée ? Le quotidien nous envahit, nous bouscule, nous déconnecte. Et vient un moment, sur le chemin, où l’on sent de l’intérieur, presque viscéralement, que l’on ne pourra plus avancer sans ce temps-là. La méditation construit alors, jour après jour, le pont entre la personnalité et l’Âme : ce que la tradition hindoue nomme l’antahkarana, le pont arc-en-ciel.

La posture du corps : une posture d’éveil

Comment s’installer, concrètement ? Beaucoup voudraient méditer allongés. Je le comprends : la position détend le corps. Mais elle est une posture de repos, et la méditation est un acte d’éveil : entrer en relation. Iriez-vous vous allonger pour prendre un temps de partage avec une personne que vous appréciez ? Le risque, tout simplement, est de s’endormir.

Asseyez-vous, en tailleur ou sur une chaise : ce qui compte, c’est que le bassin soit légèrement plus haut que les genoux, libre de son mouvement, comme posé sur un ballon. La colonne se place alors d’elle-même, souple, sans tension lombaire ; la cage thoracique s’ouvre ; l’équilibre se fait naturellement, sans forcer, et sans dossier. Cette posture a une vertu cachée : si la fatigue vous emporte, le corps bascule doucement vers l’avant et vous ramène. Car méditer, c’est mettre en sommeil le bruit des émotions et du mental, et mettre en éveil la conscience, tendue vers le Sacré.

Le lac des émotions, le ciel du mental

Vient ensuite la posture intérieure. Pour les émotions, l’image juste est celle d’un grand lac calme : sans une vaguelette, un miroir parfait qui reflète la lumière venue d’en haut et la laisse descendre dans le corps : la paix, la sérénité, une joie qui ressemble à de la gratitude. Un lac agité, une tempête émotionnelle, ne reflète plus rien.

Et comment calmer les eaux ? Par le mental, si décrié et pourtant indispensable : il est notre instrument. Le problème n’est pas le mental, c’est qu’il a pris tout le pouvoir. Qui d’entre nous réussit à arrêter ses pensées au moment où il le décide ? Elles organisent, planifient, prévoient, envahissent l’espace intérieur, au point que nous ne sommes plus disponibles à nous-mêmes. Si vous ne donnez pas d’orientation à votre mental, il se chargera de vous donner les siennes.

L’observateur du grand ciel bleu lumineux

Voici la pratique de préparation que je vous transmets, et elle tient en quelques minutes. Posez-vous, fermez les yeux, et imaginez dans votre mental un grand ciel bleu lumineux : un espace ouvert, dégagé, sans un nuage. Si une pensée vient, une émotion, une sensation, voyez-la comme un nuage qui traverse le ciel : ne la retenez pas, ne la combattez pas, laissez-la passer, sans jugement. Puis revenez au bleu du ciel.

Deux ou trois minutes chaque jour suffisent pour commencer. Ce temps vous donnera votre température intérieure : certains jours le ciel est dégagé, d’autres jours les nuages se pressent. L’essentiel est de vous installer dans cette attitude d’observateur silencieux : elle est déjà, en elle-même, l’entrée dans l’état de méditation, et c’est elle qui vous permettra ensuite de vous relier au Sacré.

Pourquoi le ciel, et pourquoi la lumière ? Parce que le ciel est au-dessus des mouvements de la mer et de la terre, et qu’au-dessus du ciel, il y a le soleil. Choisir cette image, c’est se rapprocher symboliquement de la Lumière : passer au-dessus des nuages, de la lourdeur des sensations, des émotions qui débordent, des pensées qui parasitent. Dans cet espace dégagé au-delà des pensées, vous touchez ce que l’on nomme l’intuition : un trait de lumière intimement lié au Sacré, à ne pas confondre avec l’instinct, qui loge dans nos émotions et nos sensations .

Une discipline, au sens le plus simple

Je vous dois ici une honnêteté : cela demande un entraînement, et même une discipline. Le mot ne fait pas envie, je le sais. Il dit pourtant une chose simple : si j’ai décidé de vivre ce temps, je me donne les moyens de le vivre. La concentration est le muscle du mental : tant qu’on ne l’entraîne pas, on n’a pas de force, et les pensées reprennent le dessus à la première contrariété. Commencez par deux ou trois minutes, passez à quatre, puis à cinq, comme on s’entraîne avant de courir un marathon. Cette aptitude n’est réservée à personne ; certains auront besoin de plus de temps que d’autres, et c’est la régularité qui fait le travail.

Retenez trois mots : l’intention, l’attention, la concentration. L’intention dit pourquoi vous méditez : vers le Sacré, et non plus seulement vers votre sérénité personnelle. L’attention tient la posture intérieure : le corps, les émotions, le mental. La concentration focalise. Ces trois dimensions ensemble construisent, pendant la méditation, votre relation à la Lumière.

Un mantra pour le quotidien

Il existe aussi une autre façon de méditer : réciter un mantra. Un mantra concentre le mental sur le sens de ce qui est dit, et plus vous le répétez, plus ce sens s’approfondit : d’autres compréhensions jaillissent, qui ne doivent rien à l’analyse. Celui que je vous transmets est volontairement compréhensible :

« La Lumière de l’Âme jaillit comme la lumière d’un phare sur mon chemin. Et dans cette Lumière, je vois la lumière des autres. Je sais que je ne voyage pas seul. »

Nous marchons tous sur un chemin. Le jour où nous parvenons à voir en nous la Lumière de l’Âme, nous voyons dans cette Lumière celle des autres, et nous découvrons qu’il n’y a plus de différence entre elles. Le mantra est comme une bouée au milieu des marasmes émotionnels, un phare au-dessus de la brume : il rappelle qu’il y a une direction, et que nous ne voyageons pas seuls.

Méditer est un acte d’amour

Sur un chemin spirituel, la méditation n’est pas une option : elle est la façon même de marcher. On ne peut pas avancer sur le chemin de la Conscience si l’on n’apprend pas à méditer. Les temps se posent dans le quotidien : le matin, pour orienter la journée ; la mi-journée, pour se recueillir ; le soir, pour regarder comment la journée a été vécue : dans la souffrance, ou dans la relation avec le Sacré et avec les autres.

Car au fond, tout tient en une phrase : la relation au Sacré, la relation à notre Âme, est une relation d’amour. Un amour inconditionnel, qui enveloppe et dépasse tout, et avec lequel nous avons besoin de nous relier à nouveau. Méditer, c’est entrer dans cette relation. Méditer est un acte d’amour : envers soi, envers la Vie, envers les autres, envers le monde.

Et vous, quel temps accorderez-vous aujourd’hui à cette rencontre ? La pratique qui suit peut être votre premier pas.

Bonus : Pratique guidée : méditer au-dessus du grand ciel bleu lumineux

C’est la pratique transmise dans l’enseignement en vidéo. Prévoyez une dizaine de minutes au calme.

Préparation. Asseyez-vous comme décrit plus haut, fermez les yeux. Prenez une grande respiration, soufflez, relâchez votre corps.

Le grand ciel bleu. Posez votre attention dans un grand ciel bleu lumineux, comme s’il occupait votre tête et la dépassait. Laissez passer les nuages des pensées, retrouvez l’observateur silencieux.

Monter au-dessus du ciel. Portez votre attention au-dessus de votre tête, comme au-delà du ciel bleu, à l’entrée de l’espace, plus proche de la grande lumière du soleil. Installez votre conscience à cet endroit, ouvert vers la dimension du Sacré et de l’universel.

Recevoir la Lumière. Ressentez les rayons de la Lumière qui viennent vous toucher, non pas sur le corps : de l’intérieur, comme s’ils touchaient votre âme, votre conscience. Laissez-la se diffuser dans votre esprit, et votre ciel rayonner plus intensément.

Laisser descendre. Laissez la Lumière descendre toucher les eaux de vos émotions et la terre de votre corps. Ressentez comment cette qualité de Lumière traverse tout, apaise tout, remplit l’espace d’une plénitude d’une autre dimension.

Demeurer en relation. Prenez le temps de ressentir la relation que vous avez avec cette Lumière pure, et la relation que cette Lumière pure a avec vous. Puis observez ce que cela vous fait, et revenez doucement.

Un mot de précaution : la méditation demande un équilibre intérieur suffisant. Si des souffrances vives traversent ce moment de votre vie, pratiquez accompagné, et gardez le lien avec le professionnel qui vous suit : rien ici ne remplace un suivi psychologique ou médical en cours.

Pour aller plus loin

Retrouvez l’enseignement complet, la pratique guidée et le mantra en vidéo : « Comment méditer en conscience », sur ma chaîne YouTube

Si cet enseignement résonne en vous, l’École de Conscience Relation Initiation (ÉCRI) existe pour offrir un espace à cette exploration : trois cycles, Intuition, Conscience et Initiation, pour avancer par l’expérience et non par l’accumulation de savoirs, dans un cadre qui protège votre liberté. Une école de conscience ne demande jamais de croire. Quand ce sera le moment pour vous, vous pouvez découvrir ses parcours ici


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